Représentativité. Combativité. Redevabilité.

Nadia Lafrenière et Samuel Cossette au Conseil d’administration de l’UQAM

Un mandat sur le Conseil d’administration en est un plus ou moins attrayant. Deux ans à côtoyer des personnes qui ont une vision de l’éducation et de l’université 100 % à l’opposé à la nôtre, et qui, la plupart du temps, ne considèrent que très peu notre opinion. Une campagne électorale d’un mois qui, malgré tous les efforts que nous ferons pour nous adresser aux membres des associations lors des assemblées générales, reste en bonne partie un concours de popularité.

Le CA en tant qu’instance, également, ne devrait même pas être. Une instance de gestionnaires qui, par leur poste, leurs idéologies ou leurs longues années à servir comme fonctionnaires, sont bien souvent déconnectés de la réalité des actrices et acteurs du milieu de l’éducation. Une instance qui n’est redevable à personne, et qui n’a aucun devoir de représentativité envers la communauté universitaire – qui existe bel et bien, n’en déplaise à la présidente de ce même Conseil.

C’est malheureusement là que se décide beaucoup trop souvent la direction que prend notre université. Ne nous bernons pas : nous savons que nous n’avons pas le pouvoir influencer les décisions qui y sont prises. Ce que nous croyons, par contre, et que la dernière session a su prouver, c’est qu’une présence étudiante critique, qui a pour principal objectif de briser le mur d’opacité entourant le CA ainsi que de faire en sorte que les étudiant-e-s soient au courant de ce qui s’y discute et puissent y réagir, dérange énormément. Nous croyons qu’une mobilisation de la base est possible, envers le rectorat et ces instances, si cette base est adéquatement tenue au courant et informée de l’ensemble des agissements de la direction. Nous croyons que nous devons saisir l’occasion d’être des éléments informateurs, rôle que nous tiendrons avec véhémence.

Bien sûr, une présence combative ne fait pas en sorte que nous ne ferons pas tout en notre pouvoir pour influencer les décisions qui seront prises au Conseil d’administration. Construire des liens et bâtir des alliances avec d’autres membres de la communauté universitaire est d’une importance capitale, et nous saisirons toutes les occasions pour le faire. Si, par chance, nous réussissons à faire pencher la balance d’un vote, nous saisirons l’occasion avec empressement. Cependant, jamais nous n’agirons sans un mandat clair de la communauté étudiante ni nous leurrerons sur notre véritable rôle, qui est celui d’informer, et notre véritable force, qui est celle créée par notre mobilisation.

Durant les deux prochaines années, le Conseil d’administration se chargera d’appliquer les coupures demandées par le gouvernement. Nous ne cautionnerons jamais que celles et ceux que nous représentons soient la cible de la réduction des services, de la fermeture de programmes d’études, de la diminution de la qualité de l’enseignement, de la diminution des conditions de travail ou de la hausse des frais afférents, le tout pour des raisons strictement comptables. Nous souhaitons être la voix de celles et ceux qui conçoivent l’UQAM comme un milieu de vie, pas seulement comme un service.

Finalement, nous croyons que le rectorat et la direction, depuis le couronnement du recteur, Bob Proulx, est entré dans une dérive autoritaire, répressive et centralisatrice inadmissible, présente depuis bien des années mais de plus en plus flagrante semble-t-il. Nous croyons que le discours individualisant de la direction sur l’éducation, que les discours haineux sur certains groupes étudiants dans l’objectif de nous monter les un-e-s contre les autres, que les attaques sur notre institution sont tous bien présents et forts. En ce sens, bien que notre campagne ne devrait en aucun cas invisibiliser aucune des autres luttes en cours à l’UQAM, nous pensons qu’un mandat puissant, porté par un nombre important d’étudiantes et d’étudiants, serait un message clair à envoyer au rectorat, qui semble croire que nous sommes à genoux. Nous voulons profiter de ce moment de présence politique pour remettre ces enjeux de l’avant, et rappeler à la communauté et à la direction l’ensemble des luttes qui ont été et qui sont toujours menées. Plus encore, nous espérons qu’un vote fort et une campagne mobilisatrice pourront nous redonner confiance en notre capacité de mobilisation, en plus de redonner un nouveau souffle aux luttes et aux personnes qui les mènent, personnes qui peinent aujourd’hui.